Pétition des 600. Travelling arrière à Cannes

La pétition des 600 a joué les prolongations, jusqu’à la fin du festival de Cannes. Les pétitionnaires ont repris la main en faisant savoir que des centaines de noms de professionnels du cinéma étaient venus s’ajouter à leur mouvement et que leur effectif flirtait maintenant avec les 2.000 signatures. Mais une zélée journaliste du Figaro s’est attelée à une tâche très laborieuse : elle a épluché les noms des nouveaux pétitionnaires et à cherché, sur le net, leur qualification. 20 heures de boulot ! Et à l’arrivée, dit-elle, bien peu de professionnels du cinéma parmi les nouveaux arrivants mais des noms relevant d’activités syndicale, associative, artistique sans lien avec le cinéma.

Des voix se sont aussi élevées, y compris chez des acteurs ou producteurs, pour dire leur gêne devant certains termes de cette pétition, dont celui de « crypto-fascistes » à l’adresse de Saada et Bolloré, les dirigeants de Canal+. Mais surtout, des connaisseurs affirment que les deux hommes ont produit des films de toutes tendances, y compris d’extrême gauche, et que s’en prendre aussi violemment au plus gros producteur de films français au moment où les plates formes américaines (Amazon, Disney, Netflix…) lancent une grande offensive, c’est vraiment se tirer une balle dans le pied. L’acteur et producteur Jean-Pascal Zadi (notre photo) présenté comme l’une des têtes d’affiche de cette pétition, a même fait une spectaculaire marche arrière en passant un coup de fil d’excuse pour affirmer qu’il avait « mal lu » le texte.

A l’inverse, les tenants de ce mouvement sont toujours aussi remontés contre la décision de Canal + de boycotter tous les signataires et soutiennent la plainte déposée, en posant une question de ressources humaines : comment les producteurs réussiront-ils à monter des films en se passant, d’un coup d’un seul, de ces six cents professionnels du grand écran ?

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