Présidentielle. Battra-t-on le record de 2002 ?

16 candidats sur la ligne de départ. Record battu en cette année 2002 ou la prolifération,de partants allait accoucher d’un premier tour à sensation : Jospin battu par Le Pen, le père, propulsé sur l’avant-scène pour un duel du second tour Chirac-Le Pen que personne n’avait vu venir, malgré le nombre élevé de candidatures à gauche.

Pourrait-on vivre le même scénario l’an prochain ? A ce jour, la déferlante du nombre de candidats pourrait laisser présager le même encombrement sur la ligne de départ. Sauf qu’au dernier moment, il y aura des défections nombreuses car cette fois le scénario est écrit d’avance : le Rassemblement national (Le Pen ou Bardella) sera au second tour et peut-être même Jean-Luc Mélenchon si le nombre de candidats fait tomber à 15 ou 16 % le score de qualification.

Autant dire que les pressions seront fortes pour les candidats de circonstance, s’engageant sans la moindre chance d’être élu, juste pour faire entendre leur voix. Il leur faudra résister à une triple pression : celle des partis politiques qui essaieront de les pousser vers la sortie, celle des banques qui ne leur prêteront pas un fifrelin et bien sûr celle des parrainages. Il faut au moins 500 signatures d’élus de 50 départements différents et on peut croire que, cette fois, ces élus seront plus regardant avant d’attribuer leur voix à des candidats susceptibles d’encombrer le périmètre des partis dits raisonnables, en faisant le jeu des extrêmes de droite et de gauche.

A ce jour, près d’une trentaine de candidats ont déjà fait une déclaration d’intention. Seuls les deux extrêmes ont déjà l’identité de leurs concurrents. Marine Le Pen ou Jordan Bardella pour le RN (en fonction du jugement de juillet) et Jean-Luc Mélenchon pour LFI. Pour tous les autres partis, en revanche, rien n’est fait car si certains ont officiellement leur candidat (Retailleau pour LR, Tondelier pour les Écologistes, Roussel pour le PCF…) rien ne dit qu’ils seront sur la ligne de départ tant la pression des deux extrêmes va peser sur l’échiquier pour faire tomber quelques pions. Mais quel que soit le scénario du second tour, il n’atteindra pas le niveau de déflagration de 2002 quand s’afficha soudain le portrait de Jean-Marie Le Pen…

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