Les Américains moins fascinés par les milliardaires
Elon Musk pourrait devenir, dans quelques jours, le premier au monde à posséder une fortune supérieure à 1 000 millions de dollars. L’entrée en bourse de sa société Space X (astronautique et vol spatial) va constituer une nouvelle phase dans la poussée stratosphérique de la fortune du patron du réseau X et de Tesla qui fut aussi, pendant quelques mois, chasseur de têtes pour Donald Trump. Une brouille soudaine et prévisible mit fin à ce job à temps partiel de l’homme le plus riche de la planète.
Mais le duo que constituent ces deux figures emblématiques des Etats Unis s’est fourvoyé dans tant de déclarations abruptes et d’actes stupides que la fascination des Américains pour les milliardaires en a pris un coup. Et pourtant, la population des Etats Unis a toujours admiré ceux qui réussissent et Rockefeller, le Elon Trump du XIXe siècle, est resté un personnage inspirant pour tout son pays durant plusieurs générations. Mais c’est fini. Le duo Trump-Musk est en train de tuer le mythe de la fortune ruisselante sur le reste de la société. Des enquêtes d’opinion récentes démontrent que pour deux tiers des Américains, les fortunes des ultra-riches du XXIe siècle accentuent les inégalités et exercent une influence excessive sur la société et les institutions.
C’est une changement d’opinion très notable dans le pays du dollar-roi où 1 % des plus riches détiennent actuellement 32 % de la richesse nationale. Trump et Musk ont à eux seuls largement contribué à accentuer ce rejet tant ils ont tous deux fait preuve de cynisme et de vulgarité dans leur comportements de milliardaires arrogants avec les autres et méprisants envers les plus faibles.
Le regard des Américains changent sur cette caste milliardo-dirigeante sans toutefois encore atteindre le rejet qui caractérise la société française. Chez nous, il est bien ancré et se traduisit notamment par la fameuse une du journal Libération « Casse-toi, riche con ! » adressé à Bernard Arnault, patron du groupe LVMH. Les Américains n’en sont pas encore là.