Macron-Trump. « Ici c’est Versailles «
On savait que Trump est attiré par tout ce qui brille. Mais on ignorait que c’était à ce point là. Alors le voir dans la Galerie des glaces du château de Versailles, c’était comme suivre un gamin au coeur d’Eurodisney. Un véritable enchantement qu’il n’a pas cherché à masquer car, bien plus tôt, il avait déclaré que « Versailles c’est le summum » quand Macron l’a invité à venir visiter ce qui fut jadis la Maison Blanche de Louis XIV, le roi soleil.
Pris par la majesté des lieux et la solennité de sa visite aux côtés d’Emmanuel et Brigitte Macron, le président américain a sans doute senti tout le poids de l’histoire, au point de vouloir y laisser une trace de son passage. En choisissant de signer dans ce haut lieu, le « traité de paix » avec l’Iran, dans une version papier avec sa fameuse signature interminable, il a offert ainsi, sur un plateau, un trophée diplomatique au président français qui n’en espérait sans doute pas autant.
Car ce Trump qu’on annonçait remonté contre Macron et qui menaçait les vins français de droits de douane, s’est montré d’une grande complaisance envers le couple Macron. A lui, il a offert un incroyable doublé diplomatique, entre signature du traité de paix et rapprochement très ostensible avec Zelenski, le président ukrainien, invité du président français. Certes, il est peu probable que Macron tire un bénéfice populaire de ce combo Versailles-Trump qui n’a rien d’emballant. En revanche, les chancelleries du monde entier ont sans doute été impressionnées par la performance réussie à Paris où la France, selon une vieille tradition, a montré que son poids diplomatique est bien supérieur à son rayonnement économique et social.
Mais le président américain a également fait preuve de prévenance avec Brigitte Macron, peut-être parce qu’ils ont désormais une ennemie commune : Candace Owens, cette influenceuse américaine qui accuse la Première dame de France d’être un homme et qui a lancé, à l’adresse de Trump « il est temps que papy prenne sa retraite ». Il n’a pas aimé ça. Et pourtant, elle est estampillée MAGA.
L’autre grand gagnant de cette séquence inattendue, c’est bien sûr le château de Versailles. Trump lui a offert une pub planétaire qui vaut toutes les campagnes publicitaires. D’ailleurs, sur son réseau social, il a écrit « J’ai signé le traité de paix à Versailles ». Il n’a pas indiqué Paris mais Versailles. Tout court. C’est en ce lieu qu’il a choisi d’écrire une page singulière de l’histoire diplomatique mondiale, avec la signatre de ce traité dont le contenu laisse tout de même perplexe sur la « victoire » que revendique le président américain.