Sport et politique. La revanche du Tour de France

Le Mondial qui vient de s’achever s’est teinté d’une forte coloration politique aux Etats-Unis, allant jusqu’à la caricaturale intervention de Donald Trump pour qu’un joueur américain suspendu puisse participer à un match. Mais le Tour de France, qui a pris le relais dans le cœur des Français, a connu lui aussi une invraisemblable intervention politique et c’est à Rennes, pourtant capitale de la Bretagne « fille aînée du cyclisme » qu’il a subi une véritable  humiliation.

Le niet des Ecologistes

Petit rappel : le Tour 2021 devait partir de Copenhague mais avec les bouleversements de calendrier liés au covid, les Danois demandent un report d’un an et les organisateurs du Tour cherchent une ville française de repli. Rennes est approchée et semble bien disposée. Mais la Grande boucle partira finalement de Brest car, entre-temps, les élus écologistes de Rennes s’en prennent brutalement à la petite reine. Tout gonflés du résultat des municipales 2020 qui les a vu gagner plusieurs grandes villes, ils opposent leur refus pour  Rennes et lancent une vaste campagne anti-Tour de France comme on n’en avait encore jamais vue depuis la Seconde guerre. Avec deux critiques majeures autour du bilan carbone du Tour et de la caravane publicitaire mais il est aussi question de sexisme, de dopage et d’autres défauts annexes.

Alors oui, c’est sûr, déplacer chaque jour un tel cortège crée des inconvénients multiples et personne ne les conteste. Mais les Verts semblent avoir oublié que le Tour est un immense événement gratuit qui touche toutes les couches de la population, que notre pays n’a pas si souvent l’occasion de faire consensus autour d’un même plaisir partagé et que le Tour est comme un devoir de vacances pour les enfants en leur offrant chaque jour une leçon d’histoire et de géographie à la télé. Mais surtout, les Écologistes oublient que le poids du bilan carbone doit être partagé entre toutes les nations qui retransmettent le Tour, retenant les jeunes devant des champions au lieu de les laisser se perdre devant des téléréalités débiles et donnant envie à des millions d’entre eux de se mettre à leur tour au vélo. Car le Tour reste la plus grande promo mondiale du deux-roues, que les Verts le veuillent ou non.

Le gadin des Verts

C’est peu de dire qu’une majorité de Français n’a pas approuvé cette attaque en règle contre le Tour de France, ni celle contre le sapin de Noël, quelques mois plus tard. Les Verts ont perdu une bonne part du capital sympathie qui leur était accordé par les Français et le résultat des dernières municipales sonne comme une revanche du Tour de France. Après leur triomphe de 2020, les Verts ont pris le bouillon aux municipales 2025, en perdant des villes comme Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Poitiers, Annecy qu’il avait conquises cinq ans plus tôt. Et qui sont autant de villes-étapes du Tour. Grands perdants de ces municipales, les Verts semblent aujourd’hui déboussolés et tiraillés, poussés vers Mélenchon par Sandrine Rousseau qui a accaparé leur temps de parole pendant des années, en parlant moins d’écologie que d’écoféminisme. Le Tour, lui, s’apprête à vivre une semaine de ferveur sublimée sur les routes légendaires des Alpes.

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