Kevin Lamour, un Brestois au coeur de l’affaire Infantino

Le temps se gâte pour Gianni Infantino. Le président de la Fédération internationale de football a fait le paon pendant toute la durée du Mondial et ses numéros de duettistes avec Donald Trump ont oscillé entre le grotesque et l’indécence. Après avoir octroyé un Prix de la paix d’opérette au président américain, il a multiplié les courbettes au point de requalifier un joueur américain suspendu pour complaire à Trump qui venait de lui passer un coup de fil.

Et tout gonflé de son importance, Infantino a lancé, dès la fin du Mondial, le projet extravagant de vendre des parts de la Coupe du monde de football à des investisseurs potentiels, au premier rang desquels figure un membre de la famille Trump, par le plus grand des hasards.

Cette fois, Gianni Infantino est allé trop loin. Ce projet a irrité une grande partie de la planète football, lassée de ces accointances suspectes et irritantes, entre lui et le clan Trump. La puissante UEFA, la fédération européenne de foot, a été la première à réagir et à dire tout le mal qu’elle pense de son projet. La Concacaf, fédération africaine, en a fait tout autant. Puis la Confédération asiatique. Et de toute évidence, c’est maintenant la peau de Infantino que bien des dirigeants voudraient avoir. En finir au plus vite avec ce personnage et ses bouffonneries. 

Dans les pas de Platini

Mais le plus étonnant est venu du cœur même de l’institution, la FIFA , celle que dirige Infantino. Un de ses plus proches conseillers, Carlos Cordeiro, a décidé de démissionner avec fracas. Mais il y a également de la friture sur la ligne avec Mathias Grafström, n° 2 de la FIFA, qui ne cache pas son irritation d’avoir été écarté des discussions et qui parle d’un projet « tout à fait personnel » d’Infantino. Tout comme le n° 3, le Français Kevin Lamour qui a fait part de sa désapprobation totale en ajoutant « Si cela signifie que je perds mon emploi, qu’il en soit ainsi. Je dormirai bien cette nuit ».

Kevin Lamour, né à Brest il y a 46 ans (notre photo) est le fils d’un inspecteur de police qui faisait partie des agents de sécurité de l’équipe de France de Michel Platini, à la grande époque. Ex-entraîneur de Plabennec, Lamour père avait beaucoup sympathisé avec celui dont il devait assurer la protection. Au point que, quelques années plus tard, le capitaine des Bleus prit en stage le fils et l’entente fut telle que le jeune Brestois suivit Platini lorsqu’il devint président de l’UEFA où lui fut plus tard confié le poste de secrétaire général adjoint de cette fédération. Kevin Lemour a poursuivi sa brillante carrière au point de devenir ensuite directeur général et N°3 de la FIFA, poste qu’il occupe actuellement.

Michel Platini, on le sait, a connu une chute brutale à la suite d’une sombre affaire qu’il reproche à Infantino d’avoir instrumentalisée contre lui. Après une très longue instruction, la justice a blanchi l’ex-joueur, légende vivante du football français. Et la question se pose, Platini va-t-il faire son retour pour se venger, tel le comte de Monte-Christo ? On attend la suite de ce palpitant feuilleton…

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