Économies d’eau. C’est pas Versailles, ici !
Ah le château de Versailles… Ses bassins, ses fontaines, ses grandes eaux musicales, ses jets qui montent à dix mètres, toute cette eau qui coule à flots à longueur d’année… En ces temps de sécheresse et de sévères restrictions d’eau, comme elle paraît magique, cette symphonie versaillaise des eaux . Hé bien chacun de nous doit maintenant se le dire et l’écrire en majuscules comme Trump : C’EST PAS VERSAILLES ICI ! Plus question de gaspiller l’eau à domicile et de faire n’importe quoi en la laissant couler au moment où partout on parle de sécheresse et de restrictions.
Alors faisons un petit tour de la maison en mode chasse au gaspi d’autant plus nécessaire que c’est en Bretagne que l’eau est la plus chère de France. Les raisons ? Peu de réserve d’eau naturelle dans cette Bretagne, grand arrosoir mais petit réservoir; habitat le plus dispersé de France entraînant des dépenses faramineuses en conduites d’eau; traitement plus poussé qu’ailleurs à cause des nitrates et autres… Donc l’eau est rare et chère.
Alors, commençons par les toilettes, source de grande consommation d’eau. En Bretagne, le nombre de retraités est élevé et on sait qu’avec l’âge, les hommes (principalement…) se rendent plus souvent au petit coin, parfois juste pour trois gouttes. Question : ces trois gouttes valent-elles de sacrifier à chaque fois 10 litres d’eau, soit mille fois plus qu’un tout petit pipi d’ange ? La réponse coule de source… On n’est pas obligé de tirer la chasse à chaque fois quand l’eau devient aussi précieuse et même rationnée par endroit. Petite astuce : on peut aussi glisser une bouteille bouchée dans le réservoir d’eau. Ça fera un litre de moins à chaque chasse d’eau.
Idem à la salle de bain. Ne pas laisser couler l’eau quand on se lave les dents est un impératif facile à mettre en œuvre. Et sous la douche, est-il nécessaire de laisser couler l’eau quand on se shampouine ou se savonne ? Non, bien sûr. Et d’ailleurs faut-il savon et shampoing à chaque fois alors que la peau et le cuir chevelu n’aiment pas ces lavages trop fréquents, disent les spécialistes ? Dans les pays nordiques, on limite ces récurages quotidiens.
Et maintenant l’évier. Que d’eau, que d’eau qui coule à flot, parfois juste pour laver la salade ou les légumes. Dans ce cas, à chaque fois, glissez une petite bassine dans l’évier. Elle servira à arroser les plantes, à laver le sol qui n’a pas besoin d’eau potable, voire même à prendre un bain de pieds, si bienfaisant en épisodes caniculaires. Et de l’eau léguminée, c’est sûrement bon pour les pieds !
Idem avec toutes nos machines à laver. Le lave-vaisselle ? On ne lave pas les assiettes avant de les mettre dedans et on attend qu’il soit plein. On ne fait pas tourner trois assiettes et dix verres. Le lave-linge idem, On ne le fait pas marcher pour quatre tee shirts et des chaussettes. On le remplit. Et on ne fait pas tourner le sèche-linge par un temps pareil. On se débrouille pour faire sécher à l’air libre, même si on n’a pas de fil à linge. Parce que question électricité aussi, le message est le même : c’est pas Versailles ici.
Et puis n’hésitez pas à relever votre compteur quand vous vous absentez un ou deux jours. Et comparez en rentrant. Si les chiffres ne sont pas les mêmes, c’est que vous avez une fuite quelque part. Et il vaut mieux la trouver. Car même si le dérèglement climatique n’est pas votre préoccupation première, vous devez néanmoins vous astreindre à suivre certains de ces petits conseils au nom d’un constat que Trump écrirait en majuscule : C’EST EN BRETAGNE QUE L’EAU EST LA PLUS CHÈRE DE FRANCE.