Présidentielle. Les sondages comme des étapes du Tour

71 % des Français se disent intéressés par l’élection présidentielle. A huit mois de la présidentielle, un sondage Elabe pour BFMTV témoigne de l’intérêt des électeurs pour ce scrutin, plus élevé qu’on ne pouvait le penser au regard de la défiance envers la politique, manifestée par les Français depuis la dissolution foutraque de 2024. Les électeurs accrochent pourtant plus qu’en 2021 (68%) avec il est vrai des scénarios renversants allant même jusqu’à un possible deuxième tour entre RN et LFI, inenvisageable il y a six ans où Macron avait viré bien en tête au premier tour, (27,8 %, 23,1 % et 21,9% pour le podium Macron, Le Pen, Mélenchon). Au passage, on rappellera que Chirac a été élu deux fois président avec moins de 20 % des voix au premier tour…

Donc l’intérêt est manifeste et on peut penser que la campagne électorale ne manquera pas d’attrait car elle va être plus que jamais rythmée par les sondages qui vont donner les positions respectives comme autant d’étapes du Tour de France. A chaque fois, on verra où en sont les coureurs et ces sondages vont même être déterminants pour le duo Edouard Philippe-Gabriel Attal qui attaque les 250 derniers jours comme jadis le tandem Bernard Hinault-Greg Lemond. Ils font partie de la même équipe mais un seul sera porté par sa formation. Le distancé devra tirer sa révérence et monter dans la voiture-balai. Le duel s’annonce très chaud, car même s’ils portent les mêmes couleurs, on peut être certain que leurs coéquipiers respectifs ne vont pas manquer de glisser discrètement quelques clous sous les roues du concurrent qui a intérêt à prévoir des rustines dans son sac de campagne.

Mélenchon devant

Mélenchon derrière

Le vrai départ de ce Tour présidentiel 2027 vient d’être donné à Roland-Garros, avec les rencontres du Medef et le débat opposant les sept principaux concurrents.  Une première étape dont la retransmission télé a attiré plus d’un million de téléspectateurs, très bon chiffre à une heure de faible écoute, en milieu d’après-midi, à l’heure du Tour. Preuve que l’intérêt est réel. 

Avant ce rendez-vous, deux premiers sondages ont porté Mélenchon dans le peloton de tête, le positionnant même au second tour dans des scénarios spécifiques, notamment dans le cas où Philippe et Attal se présentent tous les deux, ce qui est normalement exclu. Du côté des insoumis, on a claironné. Mais sans doute un peu vite car le troisième sondage (Elabe), paru dans la Tribune Dimanche, a dû les refroidir.

L’annonce officielle de la candidature de Glucksman l’a fait remonter dans les intentions de vote et, en considérant qu’il n’y aura pas de duel Philippe-Attal au premier tour, Mélenchon rétrograde dans le peloton à 14-14,5 % de voix et non 19 % comme l’indiquait un des scénarios des deux premiers sondages. Dans toutes les simulations de ce sondage, il est chaque fois devancé par Philippe mais se classe devant Attal dans d’autres simulations, ce qui donne une première indication pour le duo du centre.

Les forçats de la route présidentielle ont maintenant huit mois devant eux et quelques belles étapes de montagne pour espérer porter le maillot jaune le jour de l’arrivée sur les Champs-Elysées. Ils devront notamment escalader le col du Budget et le fameux Mur de la Dette, deux sommets classés hors catégorie, avec des descentes vertigineuses où les chutes ne sont pas à exclure.

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