Economie. L’électrochoc de l’Insee

Les chefs d’entreprise ont passé la première lame. Et l’Insee vient de passer la seconde. En trois semaines à peine, le monde économique et l’institut de la statistique sont brutalement venus nous rappeler à la réalité. Le pays file un mauvais coton et il est temps que les candidats à la présidentielle en prennent conscience tant le décalage est manifeste entre le situation d’un pays au bord de l’abîme et une classe politique engoncée dans des chicayas partisanes et des promesses intenables alors que l’heure devrait être plutôt à la mobilisation générale et aux appels à l’effort collectif.

Les dirigeants d’entreprise l’ont dit, lors des récentes rencontres nationales à Paris, dans l’enceinte de Roland-Garros. La situation économique n’est pas bonne. Et l’Insee vient de le confirmer d’une manière  abrupte en indiquant que la croissance du pays, cette année, ne sera pas de 0,7 % comme prévu mais de 0,4 %. Douche froide pour l’économie nationale, déjà en butte au surendettement et qui a été percutée de plein fouet par la guerre du Moyen-Orient puis la canicule dont la France paye le plus lourd tribut européen en raison de sa position géographique et du poids de son agriculture. La double peine. Et la série noire qui  continue, tant les mauvaises nouvelles s’enchaînent les unes après les autres depuis le covid et le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Avec cet électrochoc Insee, la classe politique est prévenue. Tout au long de la campagne électorale qui s’ouvre, les candidats vont devoir tenir compte d’un environnement économico-budgétaire exécrable. Certains vont tenter d’avancer des solutions, le RN et LFI chercheront plutôt à enfoncer le clou. Mais eux aussi vont devoir prendre garde : pousser le bouchon jusqu’à la censure du gouvernement, donc mettre le pays un peu plus dans la mouise, c’est prendre le risque du retour de boomerang. Surtout pour le RN, maintenant aux portes du pouvoir.

Quant aux Français, ils ne peuvent plus ignorer la situation. Un pays qui travaille moins que les autres, où on part en retraite bien plus tôt et où les soins médicaux sont gratuits, doit commencer à comprendre qu’arrive l’heure de payer l’addition. Et qu’au long de la campagne, il faudra éviter de croire sur parole ceux qui vont encore les abreuver de promesses là où ils devraient plutôt leur parler d’efforts à faire.

Dans cette grisaille, on évite heureusement le pire : la confrontation dans la rue, celle que souhaite LFI et quelques autres. Les Francais qui étaient descendus sur le pavé, porteurs des gilets jaunes parce que l’essence était à 1euro50, semblent moins enclins à recommencer alors qu’elle a dépassé 2 euros. Peut-être le début d’une prise de conscience de la gravité de la situation. Et de la nocivité de ces mouvements qui finissent généralement par déraper dans l’extrémisme et la violence. Si on pouvait au moins en faire l’économie…

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