Des retraités équipés pour veiller sur les forêts
Va-t-on maintenant devoir affronter d’aussi gigantesques incendies chaque été ? Cette perspective déprimante va nous obliger à trouver des idées pour conjurer l’effet climatique dévastateur et la consternante inflation du nombre d’incendiaires. C’est effarant. Plus de 200 d’entre eux ou présumés ont déjà été arrêtés et des centaines courent encore dans la nature. C’est sur ce point qu’on peut facilement et rapidement renforcer les dispositifs en faisant appel à la main d’œuvre bénévole la plus importante dans le pays : les retraités. La France ayant la caractéristique, hélas mortifère pour ses finances publiques, d’être le pays de la retraite précoce, on ne manque pas de volontaires en puissance pour veiller sur le parc forestier français.
Des caméras embarquées
C’est déjà le cas dans le sud de la France où ont parfois été créés des Comités communaux feux de forêts (CCFF), groupes de bénévoles placés sous l’autorité du maire de la commune. Parmi eux, les retraités sont majoritaires puisqu’ils disposent de temps mais aussi généralement d’une voiture et sont directement concernés par les feux dans leur voisinage immédiat. Mais ces comités sont encore au stade artisanal, puisqu’il s’agit de simples rondes, certes utiles mais encore bien sommaires au regard de la proportion prise cette année par la conjugaison du dérèglement climatique et les actes d’incendiaires, eux aussi complètement déréglés.
Ce qu’il faudrait maintenant c’est que ces volontaires surveillants de forêts soient assermentés et que leur véhicule personnel soit équipé de caméras embarquées pouvant servir à retrouver des incendiaires et donc de les dissuader de passer à l’acte. Bien des véhicules de particuliers sont déjà équipés de caméras et le coût de ces incendies est tellement monstrueux que les compagnies d’assurances et l’État ne rechigneraient pas à soutenir financièrement l’installation de caméras sur des milliers de voitures dans le pays. Car ce système changerait profondément la donne avec ces véhicules équipés et conduits par des retraités bénévoles, une ou deux fois par mois pour chacun d’eux si ont trouve assez de volontaires. A l’heure où le fil se tend avec les actifs, les retraités ont là une occasion de prouver leur utilité, sans charge pour l’État ou les communes déjà surendettés, l’un comme les autres.
Et confiscation de la voiture !
Jusqu’à présent un incendiaire pense qu’il peut mettre le feu dans un endroit isolé car personne ne le voit. Mais, avec ce système, une voiture caméra va peut-être enregistrer sa présence non loin des lieux parce qu’elle va le croiser dix ou vingt minutes plus tard, qu’il soit à pied, en deux roues ou en voiture. Sa présence sur le site pourra plus facilement être attestée, au cours de l’enquête, s’il y a des images prouvant qu’il a été localisé non loin du lieu de l’incendie.
Ce système peut psychologiquement tout changer. Car un incendiaire en puissance saura qu’un quart d’heure après son forfait, il peut croiser une voiture banalisée qui va enregistrer sa présence non loin du site. Il aura une bien plus forte conscience du danger. A l’approche de l’été, l’État et les assurances monteraient une grande campagne de communication pour prévenir les incendiaires potentiels qu’on peut désormais plus facilement les pincer. Et cet avertissement serait accompagné de l’annonce de la première sanction immédiate : la confiscation de la voiture de l’incendiaire puisqu’elle devient arme par destination en leur permettant de se rendre dans des lieux isolés pour commettre leur forfait.
L’impact psychologique serait doublement dissuasif : la prison qui leur pendrait au nez et, sur le champ, la confiscation de leur objet le plus précieux : leur bagnole. De quoi faire définitivement passer l’envie de jouer avec un briquet.