Mélenchon fait grimper les taux de notre dette
Avec Mélenchon, plus c’est gros, plus ça passe. Aujourd’hui près de quatre Français sur dix sont d’accord avec son injonction de ne pas rembourser une partie (18%) de notre dette, celle détenue par la Banque de France. Propriété virtuelle car, par le jeu des traités et de l’intégration, cette dette relève aujourd’hui de la Banque centrale européenne. Mélenchon propose donc carrément de rentrer et de « foutre le feu », selon sa terminologie tout en nuance, mais lui qui connaît bien la Russie devrait revoir ses classiques pour se rappeler ce qu’il en a coûté à ce pays de ne pas avoir remboursé les fameux « emprunts russes ». La Russie a été mise au ban des nations, plus personne ne voulait lui prêter de l’argent et plus d’un demi-siècle après, elle traînait encore ce boulet.
Pour nous, ce serait pire encore car cela obligerait la France à quitter l’Union européenne pour non-respect des traités, ce qui, avec le gouffre de nos dettes, serait aussi intelligent que de décider une dissolution au lendemain d’une défaite électorale. Et une drôle d’idée au moment où l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande-du-Nord revendiquent l’indépendance pour pouvoir intégrer à nouveau l’Union européenne. Ils savent ce que leur a coûté le Brexit, cette sortie de l’Union pourtant sans même la moindre dette. Et nous, non seulement on filerait à l’anglaise mais avec un monceau de dettes non remboursées sous nos bras qui nous mettrait au ban de l’Europe, dans l’isolement diplomatique le plus complet et plus personne pour nous prêter de l’argent pour rembourser les 2500 milliards qui resteraient encore à notre charge. On devrait appeler au secours le FMI qui, en décision urgente, déciderait sur le champ de réduire toutes les retraites de 30 %, comme il a fait ailleurs.
Un vrai cauchemar ! « Ne pas rembourser cette dette serait une décision illégale, dangereuse et inutile », a répliqué le gouverneur de la Banque de France, car elle nous obligerait à sortir de la zone euro, notre seule protection, donc de nous retrouver en terrain découvert avec notre franc raplapla et de nous faire tirer comme des lapins par tous les snipers de la finance mondiale.
« Des mensonges » a rétorqué Mélenchon en reprochant au gouverneur de se mêler de politique, ce qui n’est pas dans son rôle. Ben voyons ! En attendant, cette histoire invraisemblable de dette effaçable est devenue un thème majeur de la campagne. Et le retentissement international de cette affaire se vérifie déjà sous nos yeux : les taux d’intérêt de notre dette viennent de dépasser les 4,5 %, du jamais vu depuis quinze ans, puisque le barouf déclenché par Mélenchon accentue plus encore les doutes des créanciers sur notre capacité, et même maintenant notre volonté, de rembourser nos dettes.
Le leader des insoumis, à lui seul, est capable de faire grimper les taux de notre dette, nous rapprochant ainsi de cette prédiction qui refait son bout de chemin : la France sous Mélenchon, ce serait Cuba sans le soleil et le Venezuela sans le pétrole !