Macron le jeune, Arnault l’ancien
Il avait déjà annoncé qu’il renoncerait aux avantages octroyés aux anciens présidents de la République. Cette fois, Emmanuel Macron est allé plus loin en faisant savoir qu’il comptait abandonner la politique après la fin de son second mandat. « Je n’ai pas fait de politique avant et je n’en ferai pas après », a-t-il répondu à des élèves qui l’interrogeaient. On imagine qu’il ne manquera pas d’offres pour sa reconversion mais le pouvoir étant une drogue puissante, on a tout de même un peu de mal à croire qu’il puisse ainsi, du jour au lendemain, se retirer de la poloche alors qu’il n’aura que 50 ans. Donc dans la pleine force de l’âge. Comme aujourd’hui tout est plus ou moins politique, au sens large du terme, il va devoir dribbler comme Zidane s’il veut vraiment y échapper.
Avec Bernard Arnault, c’est l’inverse. A la tête du premier groupe privé français, celui qui se retrouva un temps homme le plus riche du monde à cause d’une dégringolade soudaine des valeurs technologiques américaines (remontées aujourd’hui à des altitudes stratosphériques) est bien décidé à s’accrocher aux affaires. Son groupe LVMH subit de fortes turbulences actuellement mais comme elles sont en grande partie liées à la situation au Moyen-Orient, territoire grand consommateur de produits de luxe, il s’estime encore tout à fait légitime à garder la barre. Et à 77 ans, il vient de dire à ses actionnaires « On en reparlera dans sept ou huit ans ». Il aura alors 85 ans et des brouettes. Et après, il se lancera dans la politique ?